23 mars 2006
Varela. florilège
Florilège
" La création de sens (…). Si nous posons cette question sur le plan épistémologique, cela équivaut à mettre l'objectivité entre parenthèse. Autrement dit, nous ne pouvons plus supposer que les objets dans l'environnement du système doivent être considérés comme constitutifs ", F. Varela, Autonomie et connaissance, Paris Seuil, 1989, p. 217 (C. Guillaumin, juin 2001) " Je plaide en faveur d'une voie moyenne évitant à la fois Charybde (l'objectivité, postulant un monde donné de traits à représenter) et Scylla (le solipsisme, niant toute relation avec le reste du monde). Nous devons être des navigateurs courageux qui trouvent une route directe vers le point où se produit la co-émergence des unités autonomes et de leurs mondes. Il ne s'agit pas ici d'opposer le système et son monde pour trouver le gagnant. Du point de vue de l'autonomie, le système et son monde émergent en même temps ", F. Varela, Autonomie et connaissance, Paris, Seuil, 1989, pp. 223-224. (S. L'Heudé, juin 2001) " A ce moment précis, les deux niveaux que nous voulions maintenir séparés se révèlent inséparables ; nous perdons notre sens de l'orientation, nous ne savons plus qui repose sur quoi, et nous avons maintenant le sentiment de nous trouver face à un paradoxe ", F.Varela, in P. Watzlawick, L'invention de la réalité, Paris, Seuil, 1992, p. 329 (C. Chavigny, juin 2001) " La liberté ne consiste pas à vivre dans le monde ordinaire conditionné par l'ignorance et la confusion ; elle consiste à y vivre et à y agir en toute réalisation. La liberté ne signifie pas fuir le monde ; elle signifie transformer notre manière d'être tout entière, notre corporéité, au sein du monde vécu lui-même. Cette position n'est facile à comprendre pour personne -ni dans les cultures où le bouddhisme s'est épanoui, ni a fortiori dans le monde moderne. Nous pensons que le déni de fondement ultime équivaut à la négation du fait que notre monde et notre expérience recèlent une vérité ou une qualité ultime (...) ; dans le cas du nihilisme, échouant dans cette recherche, nous nions la possibilité de fonctionner dans notre expérience quotidienne d'une manière libératrice et transformatrice ", F. Varela, E. Thomson, E. Rosch, L'inscription corporelle de l'esprit, Paris, Seuil, 1993, p.316 (F. Lerbet-Sereni, juin 2001) " Dans toutes les traditions contemplatives, les maîtres expriment une instante mise en garde contre les conceptions figées et les concepts pris pour réalité. Nous reconnaissons à cet égard que notre propre projet de promouvoir le concept d'enaction dans les sciences cognitives comporte un danger certain, qui nous donne à réfléchir. Nous ne voudrions en aucun cas échanger la relative humilité de l'objectivisme contre l'orgueil consistant à penser que nous construisons notre monde. Mieux vaut un cognitiviste honnête qu'un théoricien de l'enaction imbu de lui-même et solipsiste " F. Varela, E. Thomson, E. Rosch, L'inscription corporelle de l'esprit, Paris, Seuil, 1993, p.334 (D. Violet, juin 2001)